Temps de lecture : 7 min
Points clés à retenir
- Éducation nationale : La plateforme Apps.education dépasse 400 000 utilisateurs, basée sur Nextcloud, BigBlueButton et PeerTube, réduisant drastiquement les coûts de licence.
- ONU : L’Open Source Week (juin 2026) positionne l’open source comme moteur de souveraineté numérique, avec un appel à l’action concret du Global Digital Compact.
- Framasoft : Se dit « le plus gros hébergeur de services non marchand du monde », refusant subventions et grossissement, tout en maintenant des outils comme PeerTube utilisés par des millions.
Apps.education : 400 000 utilisateurs dans le giron du libre
En mars 2026, la plateforme Apps.education a franchi le cap des 400 000 utilisateurs, sans aucune campagne de communication. Ce résultat, rapporté par Acteurs publics, démontre que l’open source peut s’imposer dans des institutions de la taille de l’Éducation nationale, qui compte 1,2 million d’agents.
Concrètement, les services déployés incluent :
- Un outil de visioconférence basé sur BigBlueButton
- Une solution de stockage avec Nextcloud
- Une plateforme de diffusion vidéo via PeerTube
- Un système de prise de rendez-vous
- Un service de raccourcissement d’URL
- Une messagerie modernisée en cours de déploiement
Derrière ce choix, une évidence budgétaire. Comme le souligne le ministère : « Avec 1,2 million d’agents, une licence par agent comme Teams serait hors budget. Le logiciel libre, même avec contribution à la communauté, coûte sans commune mesure. » Un argument qui résonne fort dans le contexte actuel de compression des dépenses publiques.
Mais le vrai différentiateur est ailleurs : la portabilité des données. Lors d’une mutation, l’identité numérique change, mais Apps.education permet de conserver l’accès à toutes les productions tout au long de la carrière. Un avantage social non négligeable.
L’open source à l’ONU : souveraineté et inclusion en juin 2026
Du 22 au 26 juin 2026, le siège des Nations unies accueillera l’UN Open Source Week. L’événement, relayé par Goodtech, ne se limite pas à une démonstration technique : il positionne l’open source comme un moteur de souveraineté et d’inclusion.
Cette semaine de mobilisation vise à transformer les engagements du Global Digital Compact en actions concrètes. États membres, agences onusiennes, secteur privé et société civile se réuniront pour prouver que le partage de code est la clé d’une infrastructure publique numérique durable. Sur le terrain, cela signifie des solutions ouvertes pour la gestion des données, l’identité numérique et les services publics.
Framasoft : le plus gros hébergeur non marchand du monde
Dans une interview récente sur Clubic, Gaëtan Chabert, responsable communication de Framasoft, a partagé une vision sans compromis. L’association, avec une dizaine de salariés et une vingtaine de bénévoles, héberge aujourd’hui plus de 2 800 collectifs sur Framaspace et maintient des outils comme Framapad ou PeerTube, utilisés par des millions d’internautes.
Framasoft refuse catégoriquement les subventions publiques et le financement par croissance. « L’état de l’environnement numérique empire, et personne ne semble vouloir créer des espaces de respiration », explique Chabert. Pour répondre à ce besoin, ils ont relancé la campagne Dégooglisons Internet en mettant à jour des services et en en proposant de nouveaux.
Cette position anti-hype est assumée : « Le logiciel libre n’est pas la seule vraie solution, mais il est nécessaire. Il nous permet de garder un œil sur ce qu’un logiciel fait. Si un logiciel libre se merdifie, on peut le forker. » Un discours qui colle bien à la réalité des TPE/PME qui n’ont pas les moyens d’être otages d’un fournisseur.
Wikipédia évite le blocage en Indonésie
L’Indonésie, quatrième pays le plus peuplé du monde avec 285 millions d’habitants, avait menacé de bloquer l’accès à Wikipédia. La raison ? Un défaut d’enregistrement auprès du ministère de la Communication, conformément à une réglementation de 2020.
Après une réunion en ligne avec le ministère, la Wikimedia Foundation a trouvé un compromis le 30 avril 2026. Dans un communiqué, elle affirme que l’enregistrement n’aura pas d’incidence sur les procédures d’examen juridique en cours. Concrètement, la Fondation continue d’évaluer chaque demande de retrait ou de divulgation de données au cas par cas, en respectant les normes internationales des droits humains.
Ce compromis évite un précédent dangereux : un blocage d’accès à l’encyclopédie libre dans un pays aussi peuplé. Pour les défenseurs du libre, c’est une victoire contre la censure d’État.
Un radar open source 20 fois moins cher
L’ingénieur marocain Nawfal Motti a conçu le radar Aeris-10 et l’a partagé sur GitHub. Selon Tom’s Hardware, ce système coûte 95 % de moins que les modèles commerciaux, qui avoisinent 213 000 euros. Son prix ? Environ 10 000 euros, avec une portée de 20 kilomètres.
Initialement sous licence MIT, le projet a été migré vers la licence CERN-OHL-PT (Open Hardware Licence) pour mieux protéger le matériel physique. Attention toutefois : les fréquences utilisées sont soumises à réglementation dans chaque pays. Pas question de construire un radar dans son jardin sans vérifier la légalité.
Ce radar open source illustre parfaitement la tendance : des solutions matérielles libres qui démocratisent l’accès à des outils critiques. Pour les PME et les collectivités, c’est une alternative crédible aux licences propriétaires.

Ingénieur systèmes et architecte cloud pendant 8 ans chez un leader européen de l’hébergement, reconverti dans l’analyse tech et business. Passionné par l’intersection entre infrastructure IT, IA générative et transformation digitale des entreprises. J’aide les décideurs et les équipes techniques à naviguer dans l’écosystème tech sans bullshit marketing.
