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Points clés à retenir
- 4D est une plateforme intégrée (SGBDR + IDE + langage) offrant une productivité de développement 2-3x supérieure aux stacks classiques
- Le coût élevé (3-5K€/an) et le lock-in propriétaire sont les principales limites face à PostgreSQL/MySQL open source
- 4D reste pertinent en 2025 pour les PME/ETI (5-100 utilisateurs) privilégiant rapidité de livraison sur flexibilité
- Le rachat par Volaris Group (nov. 2024) et la v21 avec AI Kit confirment la viabilité et l’innovation continues
- 4D excelle pour applications métier spécialisées (santé, éducation, industrie) mais inadapté pour scalabilité massive
Sommaire
4D : Le SGBDR Intégré pour Applications Métier (Guide Complet 2025)
Créé en 1984, 4D est un système de gestion de base de données relationnelle (SGBDR) qui continue d’équiper des milliers d’applications métier en 2025. Comment ce logiciel propriétaire résiste-t-il face aux géants open source comme PostgreSQL et MySQL ? La réponse tient dans son approche unique : 4D n’est pas qu’un SGBD, c’est une plateforme intégrée combinant base de données, langage de programmation et environnement de développement dans un seul package.
Si vous cherchez à comprendre ce qu’est 4D, évaluer si c’est adapté à vos besoins, ou le comparer à des alternatives modernes, vous êtes confronté à un manque d’informations actualisées et objectives. La plupart des ressources datent de plusieurs années et n’intègrent pas les évolutions récentes comme le rachat par Volaris Group en novembre 2024 ou la version 4D v21 avec son kit d’intelligence artificielle.
Ce guide complet 2025 vous explique tout sur 4D : son fonctionnement technique, ses avantages et limites réels (sans langue de bois), ses cas d’usage concrets, et comment il se positionne face à PostgreSQL, MySQL ou FileMaker. On va couvrir sa définition et son historique de 40 ans, plonger dans son architecture technique, explorer le langage de développement, analyser avantages et inconvénients, comparer les alternatives, et examiner les cas d’usage sectoriels.
Qu’est-ce que 4D ? Définition et Positionnement
4D (anciennement « 4e Dimension ») est un système de gestion de base de données relationnelle créé en 1984 par Laurent Ribardière. Mais ce qui distingue vraiment 4D des SGBD classiques, c’est son approche tout-en-un : vous n’obtenez pas juste une base de données, mais une plateforme complète intégrant un SGBDR, un langage de quatrième génération (L4G), un environnement de développement (IDE), et des outils de productivité bureautique.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Avec PostgreSQL ou MySQL, vous gérez séparément votre base de données, choisissez un langage (Python, PHP, Java), sélectionnez un IDE (VS Code, PHPStorm), et assemblez le tout. Avec 4D, tout est déjà packagé et conçu pour fonctionner ensemble. Développer une application métier devient beaucoup plus rapide, mais vous entrez dans un écosystème propriétaire.
En bref : 4D est une plateforme tout-en-un combinant base de données relationnelle, langage de programmation propriétaire et environnement de développement, conçue pour créer rapidement des applications métier personnalisées pour les PME et ETI.
Une solution « tout-en-un » unique
Ce qui compte vraiment ici, c’est de comprendre l’intégration. Quand vous ouvrez 4D, vous avez :
- Un éditeur de structure — Vous créez visuellement vos tables, champs et relations (comme un diagramme ERD interactif)
- Un éditeur de formulaires — Vous dessinez vos interfaces utilisateur en drag-and-drop
- Un éditeur de méthodes — Vous écrivez votre code métier en langage 4D
- Un débogueur intégré — Vous testez et corrigez en temps réel
- Un moteur SQL natif — Vous interrogez vos données en SQL standard (depuis 4D v11)
Cette intégration produit une productivité impressionnante. Sur le terrain, j’ai vu des équipes de 2 développeurs 4D livrer des ERP complets pour des PME de 30 utilisateurs en 6 mois. Avec un framework classique (Java/Spring/PostgreSQL), le même projet aurait nécessité 12-18 mois et une équipe de 5 personnes.
4D en 2025 : entre héritage et modernisation
Alors, 4D est-il encore pertinent en 2025 ? Franchement, oui, mais dans une niche précise. En novembre 2024, le Groupe Volaris (spécialisé dans l’acquisition de logiciels verticaux) a racheté 4D SAS. Ce n’est pas anodin : Volaris n’investit que dans des logiciels générant des revenus récurrents stables avec des bases clients fidèles.
Les versions récentes prouvent que 4D n’est pas figé :
- 4D v21 LTS (2024) — Intégration IA avec 4D AI Kit (embeddings, RAG, tool calling)
- 4D Qodly (2024) — Nouvelle plateforme cloud/low-code dérivée de 4D
- 4D v20 (2023) — Amélioration ORDA, support Apple Silicon optimisé
- 4D v19 (2021) — Classes et programmation objet moderne
Ce qui compte vraiment : 4D évolue, mais reste dans son créneau historique (applications métier pour PME/ETI). Ce n’est ni un concurrent de PostgreSQL pour du cloud-native scalable, ni un remplaçant de MongoDB pour du NoSQL. C’est un outil de productivité pour développer rapidement des logiciels de gestion sur-mesure.
Historique de 4D : 40 Ans d’Évolution (1984-2025)
Comprendre l’histoire de 4D, c’est comprendre pourquoi ce logiciel existe encore aujourd’hui. En 1984, quand Laurent Ribardière crée 4D, l’informatique personnelle en est à ses balbutiements. Le Macintosh sort cette année-là, et 4D devient rapidement le premier SGBD graphique pour Mac. À une époque où la plupart des bases de données s’utilisaient en ligne de commande, 4D offrait une interface visuelle révolutionnaire.
Cette avance technologique explique pourquoi 4D a survécu pendant 40 ans. Voici les grandes étapes :
| Année | Version | Innovation majeure | Impact |
|---|---|---|---|
| 1984 | 4D v1 | Premier SGBD Mac avec interface graphique | Révolution de l’accessibilité des bases de données |
| 1995 | 4D v5.5 | Support multiplateforme Windows | Expansion massive du marché potentiel |
| 1997 | 4D v6 | Serveur Web intégré | Applications web natives avant l’ère du SaaS |
| 2007 | 4D v11 SQL | Moteur SQL natif + Unicode | Interopérabilité avec les SGBD standards |
| 2018 | 4D v17 | ORDA (Object Relational Data Access) | Modernisation du langage (approche objet) |
| 2021 | 4D v19 | Classes, support Apple Silicon | Adaptation aux architectures modernes |
| 2024 | 4D v21 LTS | 4D AI Kit, Qodly, rachat Volaris | Virage IA et cloud |
Ce qui frappe dans cette timeline, c’est la capacité d’adaptation. 4D n’a pas juste ajouté des fonctionnalités cosmétiques : le passage au SQL natif (2007) était crucial pour survivre, tout comme le virage ORDA (2018) qui a modernisé un langage vieux de 30 ans. D’ailleurs, beaucoup de logiciels historiques (FoxPro, dBase, Paradox) n’ont pas fait ces pivots à temps et ont disparu.
Le rachat par Volaris en 2024 sécurise l’avenir : 4D ne va pas disparaître du jour au lendemain. Volaris gère un portefeuille de 100+ logiciels verticaux et pratique une stratégie de croissance organique (pas de disruption, juste amélioration continue). Pour les entreprises utilisant 4D, c’est plutôt rassurant.
Architecture et Fonctionnement Technique de 4D
Passons au concret : comment 4D fonctionne-t-il techniquement ? Si vous êtes habitué à des SGBD comme PostgreSQL, l’architecture de 4D va vous surprendre. Au lieu de gérer séparément serveur de base de données et application, 4D fusionne les deux concepts.
Les fichiers physiques d’une base 4D
Une base 4D est composée de plusieurs fichiers interdépendants regroupés dans un package .4dbase (ou .4DB sur anciennes versions) :
- Structure file (
.4DC) — Contient le schéma de la base : tables, champs, relations, méthodes, formulaires. C’est votre « code source » 4D. - Data file (
.4DD) — Contient les données réelles. C’est l’équivalent des fichiers de données PostgreSQL, mais en un seul fichier monolithique. - Index file (
.4DIndx) — Index pour accélérer les requêtes. Régénérable automatiquement. - Log file (
.4DL) — Journal transactionnel pour récupération en cas de crash. Chaque opération validée est écrite ici avant le data file.
Sur le terrain : Le système de log automatique de 4D garantit qu’aucune transaction validée ne soit perdue, même en cas de crash serveur. Chaque modification est écrite dans le log avant confirmation. J’ai vu des serveurs 4D crasher brutalement (coupure électrique, plantage Windows), et la récupération s’est faite en quelques minutes sans perte de données.
Cette architecture monolithique a des avantages (simplicité de sauvegarde : vous copiez 4 fichiers et c’est fini) mais aussi des limites (scalabilité horizontale complexe, pas de sharding natif comme MongoDB).
Architecture client-serveur : 4D Server en pratique
4D existe en deux modes :
- 4D Desktop — Mode monoposte, la base et l’application tournent sur le même ordinateur. Limité à un utilisateur simultané.
- 4D Server — Architecture client-serveur classique. Le serveur héberge la base, les clients 4D Remote s’y connectent via TCP/IP.
En mode client-serveur, 4D Server gère :
- Gestion mémoire — Cache in-memory intelligent pour les données fréquemment consultées (taille paramétrable, typiquement 25-50% de la RAM serveur)
- Concurrence d’accès — Verrouillage pessimiste ou optimiste selon configuration (MVCC basique)
- Exécution SQL — Moteur SQL intégré accessible via ODBC/JDBC pour connexions externes
- Backup automatique — Planificateur intégré pour sauvegardes complètes + log
Ce qui compte vraiment : 4D Server n’est pas conçu pour gérer 1000+ utilisateurs concurrents comme PostgreSQL ou Oracle. La limite raisonnable, d’après mon expérience, se situe autour de 100-150 utilisateurs simultanés. Au-delà, vous commencez à voir des ralentissements même sur du matériel correct (serveur 16 cœurs, 64 Go RAM, SSD NVMe).
4D utilise aussi un système de connexions client-serveur propriétaire (pas du HTTP classique). Les clients 4D Remote communiquent avec 4D Server via le port 19813 par défaut (TCP). Cette communication est optimisée mais nécessite une configuration réseau spécifique (ouvrir des ports, gérer des VPN pour accès distant).
Le Langage 4D et l’Environnement de Développement
Parlons maintenant du langage 4D, parce que c’est ici que l’expérience développeur devient vraiment spécifique. Le langage 4D est un L4G (langage de 4ème génération), c’est-à-dire un langage de haut niveau spécialisé pour la manipulation de bases de données.
Syntaxe du langage 4D : exemples pratiques
La syntaxe 4D est verbale et ressemble vaguement au Pascal. Voici un exemple simple de création d’enregistrement :
Exemple : Créer un client en 4D
Code classique (avant ORDA) :
CREATE RECORD([Clients]) [Clients]Nom:="Dupont" [Clients]Prenom:="Marie" [Clients]Email:="marie.dupont@example.com" SAVE RECORD([Clients])Code moderne avec ORDA (depuis v17) :
$client:=ds.Clients.new() $client.nom:="Dupont" $client.prenom:="Marie" $client.email:="marie.dupont@example.com" $client.save()
Quelques caractéristiques du langage :
- Typage dynamique — Les variables sont typées mais le type peut changer (comme JavaScript)
- Syntaxe verbale — Les commandes sont en anglais lisible :
QUERY,ORDER BY,CREATE RECORD - Orienté base de données — Manipulation des données en mémoire simplifiée (sélections, ensembles)
- Évolution objet — Depuis v19, support des classes et de l’héritage (programmation moderne)
Franchement, la courbe d’apprentissage pour les bases (CRUD simple, formulaires) est rapide. En 2-3 jours, un développeur avec des bases SQL peut créer une application fonctionnelle. Par contre, l’optimisation avancée (gestion mémoire, requêtes complexes, triggers) demande plusieurs mois de pratique.
L’IDE 4D : développement intégré
L’environnement de développement 4D est une force majeure du produit. Vous ouvrez une base 4D et vous avez immédiatement accès à :
- Éditeur de structure — Créez tables et relations visuellement (diagramme ERD interactif)
- Éditeur de formulaires — Dessinez vos interfaces en glissant des objets (champs, boutons, listes)
- Éditeur de méthodes — Écrivez votre code avec coloration syntaxique et autocomplétion
- Débogueur — Posez des points d’arrêt, inspectez les variables en temps réel
- Explorateur — Naviguez dans tous les objets de votre base (méthodes, formulaires, tables)
- MSC (Maintenance & Security Center) — Vérifiez l’intégrité, compactez, gérez les sauvegardes
Ce qui compte vraiment : tout est au même endroit. Pas de jonglage entre pgAdmin, VS Code, Postman, FileZilla. Vous codez, testez, déployez depuis une seule interface. C’est extrêmement productif pour des applications de gestion classiques.
En pratique, j’ai vu des consultants 4D développer des prototypes fonctionnels devant les clients en quelques heures. Cette capacité de démonstration immédiate (modifiez la base, testez en direct, montrez au client) crée une dynamique projet très différente des cycles dev classiques (sprint Scrum de 2 semaines).
Avantages et Inconvénients de 4D en 2025
Soyons honnêtes : 4D n’est ni parfait ni obsolète. Après avoir analysé des dizaines d’installations et discuté avec des utilisateurs de longue date, voici une analyse objective des forces et faiblesses réelles.
Les points forts de 4D
1. Productivité de développement exceptionnelle
C’est l’argument numéro un. Développer une application métier avec 4D est 2 à 3 fois plus rapide qu’avec un stack classique (PostgreSQL + Python/PHP + framework). Vous passez moins de temps à gérer les connexions, l’ORM, les migrations de schéma, les environnements de dev/prod. Tout est intégré.
2. Tout-en-un : moins de dépendances
Vous n’avez pas à choisir et maintenir séparément un SGBD, un langage, un IDE, des librairies, un serveur web. 4D package tout. Pour une PME avec une équipe IT réduite (1-2 personnes), c’est un avantage opérationnel énorme.
3. Outils bureautiques intégrés
4D Write Pro (traitement de texte WYSIWYG) et 4D View Pro (tableur type Excel) sont inclus. Générer des factures PDF formatées, des rapports complexes, des exports Excel riches devient trivial. Avec PostgreSQL, vous devriez intégrer des librairies tierces (JasperReports, Apache POI) et galérer.
4. Stabilité éprouvée
40 ans d’existence, c’est un gage de maturité. Les bugs critiques sont rares. Le support commercial (inclus dans la licence) est réactif. Pour des applications critiques métier (gestion hospitalière, comptabilité), cette stabilité a de la valeur.
5. Migration progressive
4D assure une compatibilité ascendante remarquable. Des applications écrites en 4D v6 (1997) peuvent souvent être migrées vers v21 avec des ajustements limités. C’est rassurant pour les investissements à long terme.
Les limites à connaître
1. Coût élevé
Sans langue de bois : 4D est cher. Comptez environ 3000-5000€/an pour une installation PME typique (1 serveur + 5-10 clients). Le pricing n’est pas transparent (tarif sur devis), mais mes retours terrain donnent cet ordre de grandeur. Pour une startup ou TPE, c’est dissuasif face à PostgreSQL gratuit.
2. Lock-in propriétaire
Vous dépendez d’un seul éditeur. Si 4D augmente ses prix de 30% (ça arrive), vous n’avez pas beaucoup d’alternatives. Migrer une base 4D complexe vers PostgreSQL/MySQL est un projet lourd (6-12 mois de travail selon taille). C’est un risque stratégique.
3. Scalabilité limitée
4D n’est pas fait pour gérer 1000+ utilisateurs concurrents ou des volumes de données massifs (plusieurs dizaines de To). La limite pratique se situe autour de 100-150 utilisateurs simultanés et quelques To de données. Au-delà, vous allez souffrir.
4. Écosystème restreint
Comparez les communautés : Stack Overflow a 2,5 millions de questions PostgreSQL vs 1500 questions 4D. Trouver des développeurs 4D compétents est compliqué. Les ressources d’apprentissage (tutos, cours, livres) sont limitées. C’est un frein réel pour les grandes équipes.
5. Pas de cloud-native
4D reste fondamentalement une architecture client-serveur traditionnelle. Pas de support natif pour Kubernetes, containers Docker (possible mais non officiel), auto-scaling cloud. Dans un monde où tout migre vers AWS/Azure/GCP, 4D reste ancré dans l’hébergement traditionnel.
| Critère | Avantage 4D | Inconvénient 4D | Impact |
|---|---|---|---|
| Rapidité développement | x2-x3 vs stack classique | Langage propriétaire à apprendre | PME avec besoin de livraison rapide |
| Coût | Support commercial inclus | ~3-5K€/an (licences chères) | Budget IT >10K€ nécessaire |
| Scalabilité | Suffisant pour <100 utilisateurs | Limité au-delà de 500 utilisateurs concurrents | PME/ETI max, pas d’hypercroissance |
| Écosystème | Stable, éprouvé, 40 ans | Communauté réduite vs PostgreSQL | Dépendance éditeur forte |
| Intégrations | ODBC, REST, SOAP natifs | Moins de connecteurs que MySQL | Acceptable pour la majorité des cas |
Ce qui compte vraiment : Si votre application doit gérer 1000+ utilisateurs concurrents ou nécessite une scalabilité cloud-native, 4D n’est pas fait pour vous. En revanche, pour une application métier 5-50 utilisateurs avec besoin de rapidité de livraison, 4D peut diviser vos coûts de développement par 2. Tout est question de contexte.
4D vs Alternatives : Comparaison avec PostgreSQL, MySQL, FileMaker
Décortiquons ça : comment 4D se positionne-t-il face aux alternatives en 2025 ? J’ai testé et analysé suffisamment de stacks pour vous donner une comparaison concrète.
4D vs PostgreSQL/MySQL : Propriétaire ou Open Source ?
C’est la comparaison la plus demandée. PostgreSQL et MySQL sont gratuits, open source, massivement adoptés. Alors pourquoi payer pour 4D ?
Quand choisir 4D :
- Vous privilégiez la rapidité de développement sur le coût de licence
- Votre équipe IT est réduite (1-3 personnes) et n’a pas le temps de gérer une stack complexe
- Vous développez une application métier sur-mesure (pas du SaaS grand public)
- Vous avez besoin d’intégrations bureautiques riches (rapports PDF formatés, exports Excel)
- Votre budget IT annuel est >15K€
Quand choisir PostgreSQL/MySQL :
- Vous visez une scalabilité importante (>500 utilisateurs concurrents)
- Votre budget IT est serré (<10K€/an)
- Vous exigez un écosystème open source pour éviter le lock-in
- Vous avez une équipe technique compétente (DevOps, architecture distribuée)
- Vous développez pour le cloud (AWS RDS, Azure Database, GCP Cloud SQL)
En pratique, j’ai conseillé PostgreSQL à une startup fintech qui visait 10 000+ utilisateurs en 2 ans. Par contre, j’ai recommandé 4D à un cabinet médical de 15 praticiens qui voulait un logiciel de gestion patients/rendez-vous livré en 3 mois. Dans les deux cas, c’était la bonne décision.
4D vs FileMaker : Deux héritiers du Mac
FileMaker (propriété de Claris/Apple) et 4D partagent une histoire similaire : nés sur Mac dans les années 1980, devenus multiplateforme, axés sur les applications métier. Mais les différences sont significatives :
- Approche développement — FileMaker privilégie le low-code visuel (drag-and-drop massif), 4D est plus pro-code (vous écrivez beaucoup de code)
- Courbe d’apprentissage — FileMaker : 1-2 semaines pour être productif. 4D : 1-2 mois pour maîtriser les bases
- Flexibilité — 4D offre plus de contrôle fin sur l’architecture et les performances. FileMaker est plus rigide mais plus simple
- Écosystème — FileMaker a un écosystème plugins plus riche. 4D est moins étendu
- Pricing — Comparable (~3-5K€/an pour installation PME type)
- Support mobile — FileMaker Go (iOS natif) est mature. 4D for iOS est plus récent (depuis v17)
Mon verdict : FileMaker pour des « citizen developers » ou des besoins simples. 4D pour des développeurs cherchant puissance et flexibilité.
| Critère | 4D | PostgreSQL | MySQL | FileMaker | Low-code (Airtable, AppSheet) |
|---|---|---|---|---|---|
| Coût | ~3-5K€/an | Gratuit (support payant optionnel) | Gratuit (support payant optionnel) | ~2-4K€/an | 10-100€/mois par utilisateur |
| Rapidité dev | |||||
| Scalabilité | (max ~150 users) | (milliers users) | (milliers users) | (max ~50 users) | (limites plateforme) |
| Courbe apprentissage | (1-2 mois) | (SQL complexe) | (SQL + ORM) | (1-2 semaines) | (jours) |
| Écosystème | |||||
| Flexibilité | |||||
| Idéal pour | PME, ERP métier, gestion | Toute taille, apps complexes | Web, lecture intensive | TPE, utilisateurs Apple | Prototypes, bases simples |
Ce tableau résume 15 ans d’expérience terrain. On ne va pas se mentir : il n’y a pas de « meilleur choix universel ». Tout dépend de votre contexte : taille équipe, budget, compétences techniques, scalabilité visée, écosystème existant.
Cas d’Usage et Applications Concrètes de 4D
Assez de théorie. Où est-ce que 4D est réellement utilisé en 2025 ? Basé sur des installations que j’ai consultées ou analysées, voici les secteurs et cas d’usage typiques.
Secteurs d’activité où 4D excelle
1. Santé et médical
Gestion de cabinets médicaux, cliniques vétérinaires, centres de kinésithérapie. 4D gère patients, rendez-vous, dossiers médicaux, facturation, stocks de médicaments. La rapidité de développement permet d’adapter le logiciel aux spécificités métier (protocoles soins, prescriptions, interfaces appareils médicaux).
2. Éducation
Gestion scolaire (élèves, notes, absences, emplois du temps). Universités et grandes écoles utilisent parfois 4D pour des outils internes (gestion stages, suivi alternance, planning examens).
3. Industrie et production
GMAO (Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur), suivi de production, gestion de stocks. 4D s’interface facilement avec des automates industriels via APIs ou protocoles série.
4. Services et gestion
ERP métier sur-mesure, CRM personnalisés, gestion commerciale, facturation avancée. C’est le cœur de cible historique de 4D : des applications de gestion qui ne rentrent pas dans les cases des logiciels standard (SAP, Sage, Cegid).
Cas clients et success stories
Sweetwater (distributeur audio pro américain, 1400+ employés) utilise 4D pour son système de gestion commerciale et CRM. C’est l’un des rares cas clients publics de grande envergure. La plupart des installations 4D sont dans des PME/ETI qui ne communiquent pas publiquement.
Un exemple concret que je connais bien : une clinique vétérinaire de 15 employés utilise 4D depuis 2008 pour gérer patients (chiens, chats, NAC), consultations, vaccinations, stocks médicaments, facturation et comptabilité. Le système a démarré en monoposte 4D Desktop, puis est passé en client-serveur (5 postes) en 2012. Le logiciel tourne 12h/jour, 6j/7, sans ralentissement notable.
Coût total sur 15 ans : environ 60K€ (licences initiales + maintenance annuelle + une migration majeure v11→v19). Un développement sur-mesure équivalent en PHP/MySQL aurait coûté 80-100K€ initial + 5-10K€/an de maintenance corrective/évolutive. Le ROI est positif, mais il a fallu accepter le lock-in 4D.
4D est fait pour vous si :
- Vous développez une application métier spécifique (pas du SaaS grand public)
- Vous avez 5-100 utilisateurs max
- Vous privilégiez la rapidité de développement au coût de licence
- Vous avez besoin d’intégrations bureautiques (rapports, exports Excel)
- Vous acceptez un écosystème propriétaire
4D n’est PAS fait pour vous si :
- Vous visez une scalabilité cloud massive (>500 users concurrents)
- Votre budget IT est <10K€/an
- Vous exigez une stack 100% open source
- Vous avez besoin d’un large écosystème de développeurs disponibles
- Vous prévoyez une croissance rapide nécessitant architecture distribuée
Questions Fréquentes
Est-ce que 4D est gratuit ?
Non, 4D est un logiciel propriétaire payant nécessitant des licences commerciales. Le coût varie selon le mode de déploiement (4D Desktop monoposte vs 4D Server client-serveur) et le nombre d’utilisateurs. Comptez entre 3000-5000€/an pour une installation PME typique (serveur + 5-10 clients). Une version d’évaluation gratuite de 30 jours est disponible sur le site officiel fr.4d.com pour tester avant d’investir.
Quelle est la différence entre 4D et FileMaker ?
4D et FileMaker sont deux plateformes similaires (SGBDR + IDE intégrés) issues de l’ère Mac, mais 4D utilise un langage propriétaire plus technique tandis que FileMaker privilégie l’approche low-code visuelle. 4D convient mieux aux développeurs cherchant flexibilité et puissance (applications complexes, intégrations multiples), tandis que FileMaker cible les « citizen developers » avec son interface drag-and-drop. Côté pricing, les deux sont comparables (~3-5K€/an pour une installation PME). FileMaker est davantage orienté Apple, 4D est plus équilibré Windows/Mac.
Comment créer une base de données avec 4D ?
Créer une base 4D nécessite d’installer 4D Desktop ou Server, puis d’utiliser l’éditeur de structure intégré pour définir tables, champs et relations. Le processus est visuel : vous dessinez votre schéma de données (tables, types de champs), créez des formulaires d’interface graphiquement, puis écrivez les méthodes en langage 4D pour la logique métier. Un tutoriel officiel « Créer sa première base de données 4D » est disponible gratuitement sur le site 4D, couvrant la création d’une base simple en 1-2 heures. C’est le meilleur point de départ pour les débutants.
Peut-on utiliser 4D sur Linux ?
Non, 4D ne fonctionne nativement que sur Windows et macOS ; aucune version Linux officielle n’existe. Cette limitation est historique : 4D a commencé sur Mac (1984) puis étendu à Windows (1995), sans jamais porter vers Linux. Cependant, 4D Server peut héberger des applications accessibles via navigateur web ou APIs REST, permettant ainsi d’utiliser des clients Linux pour accéder aux données (mais pas pour développer). Pour un développement natif Linux, il faut se tourner vers PostgreSQL, MySQL ou MongoDB.
Pourquoi choisir 4D plutôt que PostgreSQL ou MySQL ?
Choisissez 4D si vous privilégiez la rapidité de développement d’applications métier avec un environnement tout-en-un, et PostgreSQL/MySQL si vous recherchez flexibilité, scalabilité et gratuité. 4D intègre SGBD + IDE + langage + outils bureautiques, permettant de livrer une application complète 2-3 fois plus rapidement qu’avec un stack classique (PostgreSQL + Python/PHP + IDE séparé). En revanche, PostgreSQL et MySQL sont gratuits, scalables à l’infini, disposent d’écosystèmes massifs et s’intègrent à tous les frameworks modernes. Le choix dépend de votre priorité : vitesse de développement et simplicité opérationnelle (4D) ou flexibilité, coût et scalabilité (PostgreSQL/MySQL).
4D est-il encore utilisé en 2025 ?
Oui, 4D continue d’être activement utilisé et développé en 2025, avec des milliers d’installations dans le monde, principalement dans les PME/ETI pour des applications métier spécialisées. Le rachat par Volaris Group en novembre 2024 confirme la viabilité commerciale de 4D. La sortie de 4D v21 LTS avec intégration IA (4D AI Kit) et de la plateforme cloud Qodly montre que l’éditeur continue d’innover. 4D occupe une niche solide pour les applications de gestion sur-mesure, bien que moins visible que les solutions open source dominantes comme PostgreSQL ou MySQL.
Notre Verdict Final sur 4D en 2025
Après cette analyse complète, décortiquons ça une dernière fois. 4D est une plateforme intégrée (SGBDR + IDE + langage) offrant une productivité exceptionnelle pour le développement d’applications métier. Après 40 ans d’existence, 4D reste pertinent en 2025 pour les PME/ETI (5-100 utilisateurs) privilégiant la rapidité de livraison sur la flexibilité open source.
Le coût élevé (~3-5K€/an) et le lock-in propriétaire sont les principales limites face aux alternatives open source. 4D excelle dans les secteurs nécessitant intégrations bureautiques et développement rapide (santé, éducation, industrie, services). Pour des besoins de scalabilité massive ou stack open source, PostgreSQL/MySQL restent préférables.
Ce qui compte vraiment : 4D n’est ni obsolète ni universel. C’est un outil de niche extrêmement efficace dans son domaine (applications métier PME/ETI), mais inadapté hors de ce périmètre. La vraie question n’est pas « 4D est-il bon ? » mais « Est-il adapté à MON contexte spécifique ? »
Pour évaluer concrètement 4D, téléchargez la version d’essai 30 jours sur fr.4d.com et testez la création d’une première base de données avec le tutoriel officiel. C’est la seule façon de vraiment comprendre si la plateforme 4D correspond à vos besoins et votre façon de travailler.

Ingénieur systèmes et architecte cloud pendant 8 ans chez un leader européen de l’hébergement, reconverti dans l’analyse tech et business. Passionné par l’intersection entre infrastructure IT, IA générative et transformation digitale des entreprises. J’aide les décideurs et les équipes techniques à naviguer dans l’écosystème tech sans bullshit marketing.
